| Un coeur lent [2019]

Un cœur lent, avec des photographies de Serge Delaive
Un cœur lent, avec des photographies de Serge Delaive, Liège, Tétras Lyre, collection Lyre sans borne, 2019, 80 pages.

à propos de ce livre

Des scènes de la vie ordinaire. De la prose simple. De la poésie de haut vol. « Un coeur lent » est un bonheur absolu. […] Et je sais, en lisant Un cœur lent, que nous tenons en Karel Logist un poète majeur de cette époque. Coulés dans une langue limpide et simple, parfois proche de celle de la chanson, les 57 poèmes qui composent cet opus, accompagnés par neuf photos de Serge Delaive, sont de petits bijoux, correspondant à des instantanés de la vie quotidienne. On y croise sur une terrasse liégeoise un vendeur de vers et de boniments, le double d’Hugues Aufray, un jeune boucher charcuterie de chez Colruyt, un vieil homme qui promène ses chiens… La dépression s’y fait « al dente ». La lucidité, surtout, y est une affaire de danse avec les mots. Nicolas Crousse, Le Soir, 9 novembre 2019.

La bradycardie est une pathologie qui se caractérise par un rythme cardiaque trop lent. Un coeur sain bat entre 50 et 80 fois par minute. Lorsqu’une personne est atteinte de bradycardie, son coeur bat à moins de 50 pulsations par minute. Ce rythme cardiaque plus lent que la normale ne met pas nécessairement la vie en danger. Il peut même être le signe d’une excellente santé du coeur. Un coeur auquel rien n’interdit, par ailleurs, de se procurer quelque raison de relatives chamades. Christine Aventin (en quatrième de couverture).

Plaisir toujours renouvelé de retrouver la prose poétique de Karel Logist après quelques années d’absence. C’est que l’œil narquois du poète n’a pas pris une ride. Un nouveau recueil donc composé d’une soixantaine de courts textes comme autant d’instantanés pris sur le vif et qui dissèquent avec acuité les cœurs chamboulés des « aimables solitudes » que nous croisons en chemin. Nos contemporains pris en flagrant délit de vie par l’objectif aguerri du poème polaroïde et que viennent illustrer les photographies du complice de toujours, Serge Delaive. Cadre, flashe, filme à tire-larigot. C’est des entrailles de tes pellicules que viendra peut-être ton salut, ta vengeance mate sur une existence par trop sédentaire. Parmi les questions récurrentes qui traversent les recueils, on repère aisément ici celles qui font la cohérence de l’œuvre, l’ancrage dans le réel, les déambulations citadines, les petits moments d’un quotidien susceptible de basculer à chaque instant dans l’insolite mais aussi la question du cœur battant de l’écriture. Une interrogation qui irriguait déjà le recueil Si tu me disais viens (Ercée, 2007), « Tu ne veux plus écrire de poèmes / Tu ne veux pas montrer non plus ton cœur à nu » et que l’on entend ici comme en écho « La poésie et moi / désormais nous faisons chambre à part. ». Histoires de cœur, histoires de corps. Et comme pour mieux ausculter les pulsations vitales de nos contemporains, « animaux adultères », Logist épie ces petits riens qui font tout. Et afin de les traquer, le poète dès lors ralentit volontairement la pression artérielle, en observateur, pour mieux déceler les emballements et les chamades des autres. Des textes à lire comme autant d’extrasystoles poétiques ! Rony Demaeseneer, Le Carnet et les instants.